Pesadelo, António Quadros editado pela Orfeu
Encore le plaisir de lire... de s'instruire et de réfléchir

Par Mia Vossen

 

 

Emily Beauvent m'a fait connaître Nasreddine Hodja, Malca Levy a relaté les aventures de Djouha. Ce personnage mi ridicule mi malin est de « partout », nous réunit donc dans notre humanité et Malca a pu nous le présenter dans un petit livre joliment illustré, sympathique, introduit par des personnes de cultures... pas vraiment si différentes. Introduit aussi par notre vie d'enfants en Afrique et j'ai retrouvé avec nostalgie une très belle figure de ma jeunesse : le Grand Rabbin Moïse Levy. Il apparaît à peine mais est tellement présent...

 

Djouha – Hodja a un effet salvateur sur chacun de nous : il nous fait rire ou sourire de ses bêtises... bêtises que nous ne risquons pas de faire !  L'enfant un peu empoté se dit qu'il n'est vraiment pas le pire, l'adulte mal dans sa peau en arrive à se sentir mieux par le constraste comique et nous avons tous l'occasion de rire de notre humaine condition. Nous sommes tous Djouha !

 

Ce genre de texte serait mieux venu que  les romans policiers étudiés à l'école ! Djouha est de tous les âges, comme Le petit Prince d' Antoine de Saint exupéry, il mérite reflexion et, pour vous donner envie de lire ce livre bien agréable, voici une des aventures de Djouha :

 

La mère de Djouha souhaite marier son fils, mais ne trouve pas de jeune fille pour lui. Enfin, on lui en trouve une pas très éveillée qui accepte. Les deux passent sous le dais nuptial et se marient. Après une grande fête, ils entrent dans la chambre nuptiale. Dehors, la mère attend la nouvelle que tout se passe bien. 

A un moment donné, elle entend son fils qui lui dit : « Maman, je suis monté dessus.

La mère : « C'est bien, mon fils. »

Le fils : « Maman, j'ai mis la main. »

La mère : « C'est ainsi, mon fils. »

Le fils : « Maman, il y a du sang. »

La mère : « C'est ainsi, mon fils. »

Tout à coup, le fils dit : « Maman, la main... elle ne sort plus ! »

Inquiète, ne sachant ce qui se passe, elle entre vite dans la chambre et que voit-elle ? La femme est dans son lit. Djouha est monté sur une chaise, a pris un bocal de confiture au-dessus d'une étagère, y a introduit la main pour la goûter et elle y est restée coincée.

 

Cette histoire semble vraiment « tirée par les cheveux » ? Je me suis même demandé pourquoi une aventure aussi improbable, aussi excessive,  et si je vous la rapporte,  c'est parce que, l'étonnement passé, je lui ai trouvé au moins 4 niveaux d'interprétation. Il y en a sans doute beaucoup plus, je vous laisse y réfléchir et voici mes trouvailles : 

1. Djouha est bête ! On rigole et ceux qui ne se seraient pas sentis à l'aise dans ce genre de situation rient plus fort que les autres...

2. Djouha n'est pas amoureux. On a décidé pour lui et il se débrouille comme il peut dans cette chambre qui a au moins une ressource intéressante : le pot de confiture. Pensons à toutes les situations semblables, actuellement dans le monde, et qui ne se passent pas avec le sourire...

pensons à toutes ces « choses à faire » que d'autres nous imposent, que la société juge «bonnes » pour nous.

3. Il n'a reçu aucune information, il est ignorant. Ceci est une remarque pour ceux qui devraient fournir l'information. La situation est pour le moins spéciale mais elle nous permet d'aborder tous les domaines où l'info n'est pas ou mal donnée. Il y en a beaucoup !!

4. Le sexe n'intéresse pas Djouha, il préfère la confiture. Il est comme beaucoup de gens, en réalité, mais cela ne se dit pas... seul Djouha peut nous le faire comprendre.

 

Vous aurez envie de lire le livre en entier, d'en lire des aventures avec les enfants ; c'est une belle occasion de réfléchir ensemble. Assi Biva Djouha est édité par « Orfeu » à Bruxelles

 

 

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